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Blog du Comité
des sans papiers 59

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 13:46

C’était prévisible, mais Sarkozy et la PRESENCE DE LE PEN A HENIN BEAUMONT ont décidément rendu le Préfet sourd et aveugle. Le Tribunal Administratif (TA) vient d’annuler une seconde fois l’obligation de quitter le territoire envoyée à la footballeuse Rigoberte Mbah. Même le rapporteur public avait, le 13 avril, demandé à ce que la situation de la joueuse soit examinée par la préfecture du Pas-de-Calais. Cette fois-ci, le tribunal administratif a non seulement annulé la décision préfectorale (une obligation de quitter le territoire), mais a condamné la préfecture du Pas-de-Calais à une amende de 800 euros qui devra être versée à Rigoberte M'Bah.

Par ailleurs ce jugement demande au préfet de lui attribuer à nouveau un titre de séjour provisoire valable pendant trois mois. La première annulation du TA avait aussi demandé l’attribution d’un tel titre de séjour qui au bout de trois mois avait vu la préfecture ré-envoyée une seconde obligation de quitter le territoire. Il n’y a jamais deux sans trois dit l’adage, alors le préfet osera t-il récidiver en persistant dans le refus revanchard de REGULARISER LA FOOTBALLEUSE ?!

Le CSP59 rediffuse ici la lettre ouverte que nous avions adressés à la Fédération Française de football, au ministre du sport et au préfet et le recours fait auprès du préfet au second rejet par Rigoberte Mbah le 31 janvier dernier et qui est jusqu’ici sans réponse.

Le Football Club Féminin d’Hénin Beaumont, une équipe que certains dirigeants ont transformée en vieux marché d’esclaves, où l’atmosphère dégoûtante de l’esclavage s’infiltre dans chaque aspect de la vie à travers le traitement réservé à Rigoberte parce que noire.

 

Rigoberte Mbah Atangana

Née le 24 août 1984

A Yaoundé (Cameroun)

Nationalité : Camerounaise

Palmarès

2009 – 2011 Football Club Féminin d’Hénin Beaumont

2008: Arrivée à l’ASPO de Brive

2006 – 2007 :Championne du Cameroun

2005 Vainqueur de la coupe du Cameroun

2004 Médaille d’agent, finaliste de la coupe d’Afrique des Nations

2003 Meilleure buteuse du championnat, médaillée de bronze des jeux africains à Abuja au Nigéria

 

La mésaventure rocambolesque de cette jeune femme commence en 2008, lorsqu’un dénommé FAUCON découvre ses talents footballistiques à Yaoundé au Cameroun. « Je suis président du Football Club Féminin de Brive, j’ai besoin d’une joueuse douée comme toi. Je n’ai plus du liquide sur moi, trouve-toi un billet, viens à Brive, tous tes frais te seront remboursés ». Rigoberte s’endette et embarque pour Brive. Arrivée ici, surprise !. L’homme, n’est pas président du Club de Brive. Le « FAUCON », filou intelligent, est  entraineur de la modeste équipe de l’ASPO qui évolue en division d’honneur. La demande de titre de séjour faite par l’équipe de Brive est rejetée par le Préfet de la Corrèze, assortie de l’OQTF, le 1 août 2008, au motif qu’elle n’évolue pas en 1ère  division…

Entre temps, Rigoberte qui est placée dans un foyer des jeunes travailleurs de Brive, diffuse sur internet, avec l’aide d’une animatrice son CV à l’intention des Clubs de Football Féminin. Le Club d’Hénin Beaumont se manifeste et l’intègre après un stage d’évaluation probant à Montguyon à Angoulême. Elle est ainsi licenciée du Club depuis février 2009. Le directeur administratif et son adjoint qui viennent personnellement la chercher après le stage, lui promettent, outre le logement, un contrat de travail, un salaire mensuel de l’ordre de 500 € et d’intervenir auprès de l’administration préfectorale pour l’obtention de son titre de séjour. Elle vivra un cauchemar pendant 2 ans :- logée dans un « hôtel de passe » à la limité de l’insalubrité, face à la gare d’Henin Beaumont, puis chez un supporter, puis chez une joueuse…- percevant 50 par semaine – cette somme étant donnée à ses logeurs quand ceux-ci acceptent de la loger mais pas de la nourrir. Comme elle insiste auprès des dirigeants pour l’obtention de son titre de séjour, elle est conduite à la police municipale d’Hénin Beaumont où un agent lui fait signer un document. Les promesses de régularisation à l’initiative du Club ne seront jamais tenues ; puisque dans la foulée la préfecture du Pas de Calais prend une nouvelle décision de refus de séjour le 18 mai 2009 au motif que Mlle M’BAH ne présente pas de visa long séjour.

Malgré tout cela, le Club la fait jouer tous les dimanches, quasi tous les matchs de championnat, sans contrat, et de la menacer (par SMS notamment) si elle ne se présente pas aux entraînements…Les détails de ce calvaire sont très nombreux, les personnes informées de la situation très nombreuses également. Lors de la préparation des matchs, au restaurant, dans l’avion, au vestiaire, dans les douches, dans les chambres, elle est dédaigneusement isolée. Elle doit prendre sa douche après toutes les joueuses sans doute à cause des « odeurs » et les « souillures ». Dans les bus, les dirigeants mettent des K7 vidéo à caractère raciste montrant des images dégradantes des noires comme en Afrique du Sud. Juste avant chaque match le président du Club fait son apparition : «Rigo, on compte sur toi. T’inquiète pas pour tes papiers, la régularisation est en cours … ». Après les matchs, l’homme disparaît pour ne réapparaître qu’au suivant.

Pendant tout ce temps, elle s’entraîne et joue pour le club (voir le site officiel du Club qui reprend tous les matchs avec mention de sa participation depuis 2009).

En juillet 2009, et sous couvert d’une démarche de régularisation, Monsieur KNOCKAERT en complicité avec la police emmène Rigoberte en voiture à Brive où la livre à la paf sur un parking de supermarché de Brive. Interpellée et conduite au CRA de Toulouse, elle est sera libérée par le 1er Président de la Cour d’Appel de TOULOUSE pour interpellation déloyale par ordonnance du 6 août 2009.

A la rue, elle est hébergée par une personne qui lui vient en aide. Le Club d’Hénin Beaumont se manifeste à nouveau auprès d’elle. Ces gentils messieurs ne savaient pas, ils ont besoin d’elle…

Rigoberte, à ce stade, est toujours seule en France, sans statut professionnel alors qu’elle était joueuse de 1er division internationale au Cameroun – et voit sa carrière anéantie. Le Club d’Hénin lui promet un vrai contrat, un salaire, un logement… Elle réintègre l’équipe.

L’affaire sort de la relation binaire FCHB – M’BAH : le maire d’Hénin Beaumont est interpellé sur la situation, lequel obtient pour elle un logement à Lille.

Il confie le dossier de demande de titre de séjour à Maître Calzia qui se targue être le conseil de la mairie. L’avocate introduit une demande de titre de séjour en juin 2010. La demande est appuyée par le Président de la Ligue du Nord Pas de Calais, par le Maire d’Hénin Beaumont, le Président de l’office du Sport. Ce dernier adresse d’ailleurs un courrier particulièrement éloquent le 1er juillet 2010 au Président du football club d’Hénin Beaumont pour manifester son indignation des conditions dans lesquelles Mlle M’BAH est traitée. La démarche est pertinente car la préfecture du Nord procède à des régularisations sur présentation d’une promesse d’embauche. A l’appuie de la demande, le Club d’Hénin l’un de ses sponsors, « AVENIR PROPRETÉ » lequel établit une promesse d’embauche « en tant qu’agent d’entretien». D’après nos informations le Préfet aurait rejeté la demande de régularisation depuis le 21 décembre 2010, qui n’aurait été notifiée que ces derniers jours.

Pendant ce temps, le Football club d’Hénin Beaumont continue à faire jouer Rigoberte M’BAH, sans contrat, sans couverture sociale. Le 5 décembre 2010, elle se blesse: Un dirigeant du Club emmène chez un médecin qu’il paie avec sa propre carte vitale – l’ordonnance est rédigée à son nom. Il promet d’emmener Rigoberte aux séances de kiné prescrites mais  n’en fait rien.

Malgré les blessures, les dirigeants du Club, menaçants, exigent qu’elle poursuive ses entraînements.

La comparaison du Club d’Hénin Beaumont avec le vieux marché d’esclave qui serait une relique historique peut paraître excessive. Personne aujourd’hui ou presque n’ose exclure aujourd’hui les nègres de l’humanité. Cependant, le traitement concret réservé à RIGOBERT montre clairement que c’est dans le but de l’asservir et de l’utiliser à bon marché telle une bête de somme que les dirigeants du Club d’Hénin Beaumont, suivent une politique conséquente que tente d’imposer l’héritière du fascisme sur Hénin Beaumont : la propagation du racisme.

De ce point de vue la régularisation de libération de RIBOBERTE et sa régularisation est non seulement une réparation d’injustice mais aussi un acte antiraciste. Et tout démocrate de ce pays y a un intérêt direct.

Décembre 2010

 

SECOND RECOURS DE RIGOBERTE ADRESSE AU PREFET ! 

Madame Rigoberte M’BAH ATANGANA

346 rue Henri Barbusse

62110 HENIN BEAUMONT                                       

 

A monsieur le Préfet du département du Pas-de-Calais

Direction de la Réglementation et Des Libertés Publiques/Bureau des Etrangers

Rue Ferdinand Buisson 62020 Arras Cedex 9

Objet : Recours gracieux contre un refus d’attribution d’une carte de séjour

Monsieur le Préfet,

Suite à ma demande de titre de séjour temporaire sur le fondement de l’article L.313-14  du CESEDA ; le 5 janvier 2012 je recevais de vos services un refus d’attribution de la carte de séjour au motif que je ne pouvais me prévaloir ni de considérations humanitaires, ni de motifs exceptionnels permettant de m’admettre au séjour ; que ni mon club d’Hénin Beaumont , ni la Fédération Française de Football n’avaient pris contact avec la DIRECT; vos services ont également considéré que ce refus ne portait pas atteinte à mon droit au respect de ma vie privée et familiale dans la mesure où mes deux enfants sont demeurés au Cameroun mon pays d’origine.

Je pense que cette décision est basée sur une erreur  d’appréciation et sachant le large pouvoir d’appréciation et discrétionnaire dont vous disposez quant à la délivrance des titres de séjour, je vous prie de réexaminer ma situation pour les raisons que je me permets de développer ci-après :

Je suis entrée régulièrement en France en août 2008 sur invitation du président du football club de Brive, me promettant une carrière de sportive internationale de division 1 avec un logement , un salaire bref un statut de joueuse professionnelle.

Il faut rappeler qu’au Cameroun, mon pays d’origine j’avais déjà un palmarès bien étoffé ; internationale de l’équipe du Cameroun , joueuse de première division , j’ai été avec mon club championne du Cameroun en 1999 , 2000, 2002 , 2006 et 2007 , meilleure buteuse de la saison 2003, de la coupe 2003 , médaillée d’argent et finaliste de la coupe d’Afrique des Nations en Afrique du Sud en 2004 , médaillée de bronze des jeux africains à Abuja au Nigéria en 2003 , vainqueur de la coupe du Cameroun en 2005 …

Dès mon arrivée à Brive, les difficultés commencent puisque non seulement la personne qui s’était présentée à moi comme le président du club n’était finalement que l’entraîneur, mais aussi ce club l’ASPO de Brive n’évoluait qu’en division 4 ; ceci sera plus tard l’argument principal de mon refus de séjour par la préfecture de Corrère.

Une animatrice du foyer des jeunes où je logeais et à qui j’avais racontée mon histoire, décide de m’aider en adressant à tous les clubs de football féminin de 1ère division un courrier leur demandant de m’engager comme joueuse professionnelle.

Le football club d’Hénin Beaumont répond positivement le premier et m’invite à un stage d’évaluation en septembre 2008 ; le test est plus que probant et le club décide de m’intégrer et s’engage à régulariser ma situation et à  conclure avec moi un contrat de travail me garantissant un logement et pour commencer un salaire mensuel de 500€.

Ces engagements ne seront pas respectés et c’est la raison pour laquelle je me suis retrouvée en situation irrégulière, chose dont je n’ai été convaincu que suite à mon arrestation du 17 février.

Monsieur le préfet, vous m’avez accordé une chance en me délivrant une APS m’autorisant à travailler ; j’ai tout de suite trouvé un emploi comme éducatrice, emploi que j’ai été obligé de quitter suite à mon refus, pourtant mon employeur était satisfait de mon travail et était prêt à pérenniser mon contrat ; ma situation matérielle et économique commençait à se stabiliser.

Joueuse de première division au club d’Hénin Beaumont le plus haut niveau du football féminin français, mon apport a été d’une importance capitale non seulement pour le club, mais aussi , la ville, la Région et le Département ; nous avons été les premières à battre le grand club de Lyon et le club d’Hénin qui jouait les seconds rôles , côtoie le haut du tableau depuis 2008 ; je pense aussi avoir participé au développement du mouvement sportif et de la collectivité citoyenne de la ville d’Hénin.

Monsieur le préfet, depuis mon arrivée en France et malgré toutes les difficultés que j’ai rencontrées avec des gens peu fréquentables que j’ai malheureusement croisés , je suis restée digne et ai suivi une carrière exemplaire jusque là et que j’aimerai poursuivre .

Je suis fière d’avoir activement participé au succès et à la fierté du club et de la ville de Hénin-Beaumont ; je pense avoir contribué à la réussite du football féminin et du sport en général dans la Région. 

Aujourd’hui parce qu’il y a des gens responsables qui ont repris la direction du club et qui avaient à cœur le souci de changer l’image du club et de provoquer une réconciliation , j’ai resigné au club d’Hénin avec l’engagement d’un contrat fédéral ; cette nouvelle situation vient renforcer mon argumentaire pour la régularisation ; depuis mon retour au club , nous avons gagné plusieurs matches , ce qui n’était pas le cas depuis le début de la saison ; mon importance dans le club est donc indéniable et avérée.

Monsieur le préfet, pour ce service rendu, pour cet apport au mouvement sportif et à la collectivité citoyenne de notre Région, je vous prie d’user de votre pouvoir discrétionnaire pour régulariser ma situation.

En attendant une suite favorable et restant à votre disposition pour des informations complémentaires si nécessaires, je vous prie d’agréer, monsieur le Préfet, l’assurance de mon plus profond respect.

RIGOBERTE M’BAH ATANGANA, le 30/01/12

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Published by soutiens du CSP59 - dans communiqués
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