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Blog du Comité
des sans papiers 59

Manifestation 
tous les mercredi
Place de la République 
à Lille, 18 heures 30


Régularisation
de tous les Sans Papiers!

42 rue Bernos
59800 Lille-Fives
csp59@wanadoo.fr

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"La république à l'école
des Sans Papiers"...
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à IDM, 42 rue Bernos
Lille-Fives
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3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 17:00

OUJDA, Journal La Croix 27 septembre
Ses joues sont encore creuses. Un mois après son expulsion de France, le 23 août, avec son compatriote Hafid El Kaddouri, Miloud El Jabri, 34 ans, a à peine regagné quelques kilos des vingt­cinq perdus au fil d’une grève de la faim de 70 jours. Dans le petit salon familial de Hay Hassani, quartier pauvre d’Oujda, à l’extrême nord-est du Maroc, l’ancien membre du mouvement de sans­papiers lillois, pourtant affaibli par une anémie et des œdèmes aux jambes, touche à peine au f’tour , le repas de rupture du jeûne de Ramadan.

Miloud raconte l’épreuve de force engagée par le Comité des sans-papiers CSP 59, du 15 juin au 30août, avec le préfet du Nord, Daniel Canepa, pour que soient régularisés 500 étrangers. Parmi des documents placés dans un dossier bleu, il montre un fax du préfet, à l’encre à peine visible, annonçant qu’en échange d’une attestation certifiant l’arrêt de la grève de la faim, il s’engagerait en faveur d’une régularisation.

Miloud voudrait y croire, même si ce genre de promesse n’a pas empêché son “éloignement du territoire français” après six ans de vie à Lille. Le 21 mars 2001, il avait traversé le détroit de Gibraltar à bord d’un zodiac avec une vingtaine de personnes, puis pris le bus à Almeria, sur la côte espagnole, direction Lille, où étaient installés son oncle, sa tante et un de ses frères.

Pendant six ans, Miloud “squatte à droite à gauche” , travaille au noir dans le bâtiment pour 20 à 30€ par jour, sert dans un café lillois. Le patron lui avait fait une promesse d’embauche sur la base de laquelle Daniel Canepa, en octobre 2006, avait annoncé sa prochaine régularisation. “Je n’ai jamais reçu les papiers” , assure Miloud. D’où sa décision d’en venir à l’occupation de bâtiments publics et à la grève de la faim. Aujourd’hui, Miloud ne regrette pas la ligne parfois qualifiée de “jusqu’au-boutiste” du CSP 59 : “On n’avait pas le choix.”

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“Des gens m’ont payé le bus, je n’avais pas même de quoi téléphoner, témoigne Miloud. À mon arrivée à Oujda, mes parents ont eu un choc.”

Interpellé, dit-il, “comme un chien” , le 21 août, à l’hôpital de Tourcoing, Miloud passe 48 heures en rétention à Lesquin, avec Hafid El Kaddouri, “et direct Roissy”. Arrivés à Casablanca, les deux hommes passent deux jours en garde à vue, sans pouvoir prévenir leurs familles. “Des gens m’ont payé le bus, je n’avais pas même de quoi téléphoner, témoigne Miloud. À mon arrivée à Oujda, mes parents ont eu un choc.” “C’est la misère ici”, lance-t-il en désignant un terre-plein brouté par les chèvres, au milieu de baraques faites de carcasses de voitures et de pierres. Seul son frère, travailleur du bâtiment à Lille, peut désormais faire vivre la famille.

Le téléphone sonne : c’est Thérèse, membre de la Croix-Rouge et “marraine” de Miloud pour le suivi de son dossier. Il lui rappelle qu’il ne pourra pas, faute d’argent et de force, se rendre à Casablanca ce jeudi, où il est convoqué au tribunal de première instance. Lui et Hafid El Kaddouri, ainsi que deux autres Marocains, expulsés pour leur part d’Italie, doivent y comparaître pour “délit d’immigration clandestine” , selon la loi du 11 novembre 2003, dont l’article 50 fait de “l’immigration illégale” un délit passible de 270 à 900 € d’amende et (ou) d’un emprisonnement d’un mois.

CERISE MARÉCHAUD

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20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 21:22

Le dépouillement des réponses des grévistes de la faim par le CSP59 aux propositions du Préfet via les partenaires associatifs LDH et MRAP a donné: 54 décisions de suspensions sur 56 grévistes de la faim, deux ne nous ayant transmis pas leur réponse.
Le Préfet demandait aussi aux grévistes signataires de «s’engager à contacter une des associations suivantes: AIDA, CIMADE, EMMAUS, LDH, MRAP, Parce que des Hommes y vivent, SAFFIA, VOIX DE NANAS, en vue de la constitution de mon dossier».

Avant le dépôt de la liste par nos partenaires associatifs Mrap et Ldh, certains sans papiers ont rectifié leur vote initial : 
Sur les 54 réponses reçues, 
2 ont choisi la LDH, 15 le MRAP, 
1 Aida, 
1 Voix de Nanas,
et 35 se sont prononcés sur aucune association. 
A la réunion de restitution de ses résultats, les grévistes de la faim, qui se sont abstenus ont déclaré l’avoir fait parce que le CSP59 était exclu du choix préfectoral. 
Tous ont tenu à préciser qu’il ne s’agissait pas là d’un manque de confiance vis à vis de la Ldh et du Mrap, mais juste une façon de protester contre l’arbitraire préfectoral. 
En d’autres termes, les grévistes ont tenu clairement à rejeter la posture préfectorale du procureur qui désigne l’avocat à la place du « justiciable ».

Les grévistes de la faim ont tous ensemble rappelé aussi les revendications de la grève de la faim qui a duré 75 jours :
· la régularisation des 56 grévistes de la faim, donc y compris les expulsés en Guinée et au Maroc ;
· la remise des récépissés aux 35 annoncés régularisés lors des rencontres mensuelles ;
· la visite médicale à l’ANAEM des 59 ;
· la régularisation échelonnée de la liste des 12%.

Après deux mois de résistance courageuse et exemplaire, après deux mois de répression acharnée du préfet, après deux mois de mobilisation sans cesse croissante de l’opinion publique solidaire avec les grévistes de la faim, arrive maintenant, avec la suspension de la grève de la faim, le temps d’une mobilisation vigilante des grévistes, des sans papiers et des soutiens, pour mettre sous surveillance le préfet du Nord quand à ses engagements de « réexamen bienveillant » sur la base des critères de l’accord Delarue, critères qui ne peuvent, pour nous, que déboucher sur la régularisation effective et la satisfaction des revendications des grévistes.

Il s’agissait aussi par un suivi médical et une ré-alimentation appropriée de lutter contre les séquelles et apporter des soins pour préserver la santé des grévistes.
Les manifestations quotidiennes sont suspendues, celles du mercredi, à partir de 18H, place de la République sont maintenues ainsi que le concert du 9 septembre 2007, place de la République.
L’ensemble des sans papiers, des grévistes de la faim et des soutiens, sont appelés à être les sentinelles vigilantes de la satisfaction des revendications portées par la grève de la faim durant 75 jours.
Si cette 14eme grève de la faim, déclenchée par la rafle du préfet Canepa, le 15 juin 07, apparaissait dès le départ comme un combat du pot de terre contre le pot de fer, les grévistes de la faim par leurs déterminations, les soutiens par leurs mobilisations, l’ont progressivement transformée en un combat de « David contre Goliath ».

La grève de la faim est suspendue, mais la crise demeure jusqu’à la satisfaction des revendications portées par la grève de la faim. Il appartient à chacun de nous, grévistes de la faim, sans papiers et soutiens, d’organiser le siège en règle de la préfecture du Nord par nos actions de mobilisations populaires pour une vraie sortie de crise.

Fait à Lille le 31/08/07

CONCERT DE SOLIDARITE ET DE VIGILANCE
SOCIALE ET CITOYENNE
LE DIMANCHE 9 SEPTEMBRE 07, PLACE DE LA REPUBLIQUE A PARTIR DE 14H !

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20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 21:14

Chaque jour, des hommes des femmes et des enfants quittent leur pays pour fuir la misère et la dictature, souvent au péril de leur vie. Leur seul tort étant de vouloir vivre à toute force et construire un avenir meilleur pour eux et leurs enfants.

La France, « pays des Droits de l’Homme », leur apparaît alors comme une terre d’accueil et d’espoir. Pourtant la réalité est beaucoup plus dure, car loin de répondre aux attentes sociales, les politiques du gouvernement actuel et de ceux qui l’ont précédé depuis ces vingt dernières années sont entièrement dictées par les dogmes libéraux, clairement au seul service du patronat et des couches les plus riches de la population.

Une situation qui amène les sans papiers souvent salariés à être surexploités, employés illégalement par des patrons sans scrupules pour un salaire de misère en étant chargés des tâches les plus insalubres et les plus dangereuses.

Dans le même temps pour mieux faire oublier les problèmes d’insécurité sociale générée par sa politique et faire oublier sa responsabilité, le gouvernement se sert des sans papiers comme de boucs émissaires à tous les maux de la société. Le gouvernement continue d’intensifier le recours à des pratiques sécuritaires et la mise en place d’appareils répressifs, stigmatisant des populations ciblées déjà largement précarisées en les excluant socialement.

C’est une escalade nauséabonde vers les terres de l’extrême droite où l’immigration est toujours présentée comme un problème, comme une menace et une invasion de plus en plus importante, alors que les chiffres officiels montrent bien que le nombre d’étrangers en France est plus bas qu’il y a 30 ans.

C’est ainsi que des hommes, des femmes et des enfants se retrouvent sans droits, sans protection et vivent dans la peur et la suspicion. Les actes banals de la vie leur sont interdits (se loger décemment, chercher un travail officiel, se promener sans crainte, percevoir les aides sociales, ouvrir un compte en banque, …).

A Lille, ce contexte politique a conduit à intensifier la chasse aux sans papiers. Ces derniers, en grève de la faim, depuis le 15 juin, pour protester contre la dénonciation unilatérale de la préfecture des accords de 2004 se sont vus expulser par la force de la bourse du travail, occupée depuis le 25 juillet.

Depuis l’expulsion de la bourse du travail, le 1er août, les autorités publiques, par le biais du préfet Canepa et des forces de l’ordre, utilisent les méthodes les plus inhumaines pour casser ce mouvement, nous ramenant aux heures les plus sombres de notre histoire.

Les insultes racistes, les tabassages en règle se multiplient. Les sans papiers grévistes sont amenés de force vers Lesquin, Rennes, Toulouse, Bordeaux ou baladés entre hôpitaux et commissariats. Les services de santé et de secours sont utilisés à des fins politiques. Certains grévistes de la faim se sont ainsi vus interdire l’entrée aux centres de soins.

Nous, organisations syndicales, associatives et politiques dénonçons cette situation. Nous exigeons la régularisation sans condition des grévistes de la faim, des sans papiers prévus par l’accord Delarue et plus largement la régularisation massive de tous les sans papiers vivant en France.

Nous appelons tous les habitants de ce pays à ne plus tolérer que ces hommes, ces femmes et ces enfants soient pourchassés. Nous voulons une autre politique et qu’elle fasse l’objet d’un débat large et démocratique. Depuis des années les SANS PAPIERS ont exprimé leur volonté d’être reconnus et de vivre ici. Ils résistent et mènent avec courage et ténacité une bataille dure, éprouvante pour faire reconnaître leur citoyenneté. Les « Sans Papiers » ne mettent en danger, ni la République ni le Droit, ils sont une blessure constante à nos consciences.

MANIFESTATION TOUS LES JOURS
18H PLACE DE LA REPUBLIQUE

signataires : CSP 59, Alternative Libertaire, APU Moulins, CGT Privés d'emplois et précaires de Roubaix, Chiche Nord, Coordination Communiste 59/62, Cercle Communiste d'Alsace, Cercle Communiste de Région Parisienne, Fédération SUD étudiant, Fédération SUD Rail, FSU 59, FSU 62, LCR 59/62, LDH, MJCF Nord, MJS Nord, MRAP 59/62, Ras l'front, Section SUD Santé Sociaux de l'hôpital de Roubaix, Section SUD du Conseil Général du Nord du Syndicat SUD Collectivités territoriales du Nord, SUD Culture Solidaires, SUD éducation 59/62, SUD étudiant-e Lille, SUD Rail Lille, SUD Travail Affaires sociales, SUD VPC, SUNDEP Lille, Syndicat national SUD INSEE, UEC Lille, UL CGT Roubaix, UL CNT Lille et environ, Unef Lille, Union Syndicale Solidaires National, Union Syndicale Solidaires Nord Pas de Calais.

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20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 21:09

Le Préfet CANEPA a fait appel à ses laquais associatifs «Parce que des hommes y vivent», «Safia», «Voix de nanas», «Aida», «Emmaüs» et le Président Régional de la « Cimade » pour lancer sa nouvelle diversion médiatique criminogène. Au 60ème jour de la grève de la faim, le Préfet et ses valets associatifs n'ont rien d'autre que «l'établissement d'une liste de 150 noms pour un examen de situation au cas par cas (...), délivrance immédiate ... d'un document conservatoire attestant leur inscription sur la liste en attendant ... qu'une décision soit prise, pour les personnes qui seront régularisées, délivrance immédiate d'un document provisoire en attendant l'édition du récépissé de carte de séjour» (Communiqué du Préfet du 14/08/07).
Les réponses des grévistes de la faim sont les suivantes: «Les associations mentionnées n'ont rien à voir avec nous autres sans papiers; elles veulent monnayer notre souffrance, notre santé, notre vie pour le compte du Préfet, elles ne sont représentatives de rien du tout, n'ont aucune crédibilité, aucune légitimité»; «Ces associations sont des parasites mouchards»; «ces associations sont des serpents venimeux qui prolongent le sale boulot du Préfet inhumain»; Nous sans papiers grévistes de la faim n'avons donné mandat qu'au CSP59 de négocier une sortie de crise fondée sur notre régularisation, le Préfet doit savoir clairement qu'il a déjà détruit notre santé et qu'il lui reste maintenant qu'à nous assassiner».
Les ex-grévistes régularisés au nombre de trois, parmi lesquels deux ont fait 40 jours et le troisième 51 jours ajoutent: «Le Préfet nous a régularisés, nous avons arrêté notre grève de la faim et continuons de soutenir nos camarades, s' il ne l'avait pas fait pour nous serions encore et toujours en grève de la faim, alors ce qu'il a fait pour nous, il doit le faire pour tous les autres grévistes de la faim».
Ces propos des grévistes de la faim sont à compléter par les 8 grévistes de la faim sans papiers qui sont menacés d'expulsion au Centre de Rétention de Roissy: «Pour les associations traîtres qui complotent avec le Préfet CANEPA ne parlent même de nous, pour elles, nous , on n'existe même plus, donc elles sont d'accord pour expulser des grévistes de la faim, c'est criminel». Deux sont menacés selon les informations reçues d'expulsion ce 15 août 07 à 15h55 de Roissy vers Conakry.
Le CSP59 rend un grand hommage à ces grévistes de la faim qui, malgré les souffrances incroyables et inadmissibles qu'ils subissent, donnent une leçon de dignité, de morale, d'esprit d'unité et de solidarité dans l'épreuve de la résistance contre l'ignominie criminelle préfectorale. Les déclarations des grévistes de la faim sont l'équivalent du serment du jeu de paume de la grève de la faim fomentée et imposée par le Préfet CANEPA.
Ils font la preuve que la félonie, la trahison, la lâcheté sont des abjections bannies par l'humanité dans sa quête de la justice et l'égalité.
Le CSP59 appelle le Préfet a cessé ce jeu sordide et criminogène. Les pantins associatifs du Préfet doivent demander pardon aux grévistes de la faim.
Le CSP59 reprend donc une énième tentative pour une vraie sortie de crise en vue de la régularisation qui permette à la REPUBLIQUE de retrouver son honneur et de sauver des vies humaines.

Lille le 15 août 2007

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20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 21:03

L'ultimatum annoncé hier par voie de presse du Préfet a été aussitôt suivi du blocus, dès 23h, de la Bourse du Travail de Lille par les policiers de la BAC. Un sans papier a été arrêté juste à la porte, les 169 sans papiers à l'intérieur ne pouvant plus sortir de la Bourse du Travail.

Ce mercredi 1er Août 2007, dès 6h du matin, plus de 40 véhicules de CRS ont encerclé la Bourse et, une fois à l'intérieur, se sont mis à trier les Sans Papiers sous le prétexte fallacieux d'un contrôle d'identité. Quelques uns ont été conduits à l'extérieur, d'autres ont été amenés dans les commissariats de la métropole et des grévistes de la faim dans les hôpitaux de Douai, Armentières, Seclin, Tourcoing, Roubaix, CHR de Lille et Saint-Vincent et Saint-Philibert à Lille etc.…

Si l'expulsion de la Bourse s'est faite sans violences notables, il s'agit là d'une nouvelle provocation répressive contre les Sans Papiers au 47eme jour de grève de la faim. Le Préfet déclare selon l'AFP que l'intervention policière était « indispensable sur le plan sanitaire, de l'hygiène et de la sécurité, et justifiée sur le plan juridique ». Le CSP 59 aura la décence de laisser à la Justice l'appréciation sur le caractère justifié ou non sur le plan juridique de l'évacuation. Il dénonce avec fermeté le fait que le Préfet se substitue à la Justice. Une fois n'est pas coutume, ne sont-ce pas les mêmes procédés qui ont conduits par eux fois les tribunaux de Créteil, de Lille et la Cour d'Appel de Douai à désavouer M. CANEPA. La même Préfecture s'est même permise d'inventer l'article 78.2.8, qui n'existe pas dans le code de procédure pénale, pour justifier les arrestations de sans papiers diffuseur du tract d'appel à la conférence du magistrat PORTELLI.

Selon l'AFP, le Préfet déclare même que : « 76 sans papiers ont été placés en garde à vue pour l'examen de leurs situations ». Depuis quand place-t-on des sans papiers en garde à vue comme de dangereux criminels pour décider ensuite de leur sort ?! A l'heure actuelle affirme clairement qu'il y avait 170 sans papiers dont 56 grévistes de la faim reconnus par le CSP 59 assignés à la Bourse du Travail par les rondes de la BAC jusqu'à 6h du matin.

Le Préfet continue le double langage qui consiste à nier sans le paraître l'existence d'une grève de la faim qu'il a lui-même provoqué. Selon l'AFP il ne reconnaît qu'une « quarantaine se prétendant en grève de la faim (qui ) feront l'objet médical par précaution et seront ensuite laissés libres ». M. CANEPA est bien obligé de prendre quelques précautions quand il réduit à « 5 présentant les symptômes d'une grève de la faim (qui) ont été hospitalisés ». Le CSP 59 a repéré pour l'instant 38 hospitalisations et nous sommes à cet instant sans nouvelles des autres.

Dans sa grande magnanimité, le Préfet se permet de donner rendez-vous le 31 août prochain, soit au 77 eme jour de la grève de la faim à « toutes les bonnes volontés pour examiner au cas par cas les dossiers qui méritent de l'être ».

Pour qualifier la liste des grévistes de la faim, des 60 kidnappés le 15 juin dernier et des 12% (laissés pour compte des accords Delarue) déposée par le CSP 59, la LDH, le MRAP et la CIMADE ,en compagnie de Mg Gaillot le 31 juillet de « fantaisiste », le Préfet évoque un « violeur », un cas de « mariage forcé » et d'autres « déjà régularisés ». Décidément, M. CANEPA a des difficultés à respecter la séparation des pouvoirs entre le pouvoir exécutif qu'il représente et le pouvoir judiciaire. Quant aux autres « déjà régularisés » auxquels fait allusion M. CANEPA, le CSP 59 fait remarquer qu'il s'agit d'abord d'une liste de rappel contenant les noms de 59 personnes en longue attente d'une visite médicale à l'ANAEM pour obtenir la carte d'un an ou de dix ans et de 35 autres régularisés en attente du premier récépissé. Le simple fait de présenter comme « fantaisiste » une telle liste montre le peu de sérieux de M. CANEPA.

Ajoutons enfin que parmi les arrêtés de ce matin, le premier à avoir été libéré s'est vu remettre un document préfectoral le dépossèdant de son récépissé de demande d'asile à l'OFPRA alors qu'il est en attente de la décision de la commission de recours de l'OFPRA. Le document remis considère, avant même que cette commission n'ait siégé que le demandeur d'asile guinéen ne peut « se prévaloir des dispositions des articles 3 et 8 de la Convention Européenne de sauvegarde des Droits de l'Homme et des Libertés Fondamentales ». Le CSP 59 considère d'une part que la Préfecture n'a pas à se substituer à la commission de recours de l'OFPRA et conseille d'autre part à M. CANEPA de prendre langue avec MM. BOLLORE et SARKOZY pour qu'ils l'informent des 130 morts et plus causés par la répression de leur ami le dictateur Lansana CONTE ces derniers mois en Guinée.

M. CANEPA, vous n'êtes ni crédible, ni sérieux. Toutefois, vous avez entre vos mains la santé et la vie des grévistes de la faim. Votre action répressive d'aujourd'hui, à l'instar de ce qui ce qui s'est passé le 15 juin pourrait multiplier le nombre actuel de grévistes reconnus par le CSP 59. En effet, depuis le 25 juillet, jour de l'installation des grévistes à la Bourse du Travail, l'opinion publique est témoin du formidable travail citoyen et civique effectué pour éviter justement que le désespoir des sans papiers ne se transforme en acte hors-loi ; c'est à dire que des sans papiers n'ayant reçu aucune première réponse ou étant encore en procédure de demande d'asile ou relevant d'autres Préfectures ne viennent s'ajouter à ceux qui ont construits leurs dossiers conformément aux demandes de vos services et aux exigences de l'accord DELARUE.

Le CSP 59 vous tient par avance pour responsable de toute conséquence dramatique qui découlerait de votre irresponsabilité et de votre mépris pour les étrangers sans papiers.

Fait à Lille le 1er Août 2007

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